James Bond en concert : un défi collectif et musical
- Jeremy Rossier

- 7 nov. 2025
- 3 min de lecture
Après le projet Le Seigneur des Anneaux en 2024, j’avais envie de retrouver cette énergie collective, ce plaisir d’orchestre à grande échelle - mais dans un univers complètement différent. Il fallait à la fois retrouver une ambition artistique forte et explorer un autre langage musical. C’est là que l’idée de James Bond s’est imposée.

Pourquoi James Bond
La saga de James Bond est fascinante : elle traverse plus de soixante ans d’histoire du cinéma, et surtout, elle offre un champ musical immense. On passe du jazz au symphonique, de la pop au rock, avec toujours cette tension dramatique si typique de 007.Et puis il y a quelque chose de fascinant et d'excitant à revisiter ces thèmes mythiques avec un grand orchestre de plus de cinquante musiciennes et musiciens accompagnés de chanteuses et chanteurs. C’est un répertoire qu’on connaît tous, mais qu’on redécouvre dès qu’on le joue en direct.
60 ans d’évolution musicale
Entre les années 60 et aujourd’hui, la musique de James Bond a suivi les modes et les époques tout en gardant sa signature. Les chansons d’ouverture, notamment, ont toujours reflété les tendances du moment. J’ai donc eu envie de construire le programme en suivant cette évolution, à travers les six acteurs qui ont incarné 007. Chaque medley correspond à un acteur, de Sean Connery à Daniel Craig, et permet de ressentir à la fois le changement d’époque et d’énergie.
À l’intérieur de ces medleys, j’ai parfois pris quelques libertés : intervertir l’ordre de certains thèmes pour créer une progression musicale plus fluide. Le résultat reste fidèle à la chronologie, mais il raconte aussi une histoire sonore.

Un programme exigeant
Pour toutes les personnes sur scène, ce projet est sans doute l’un des plus intenses que j’aie dirigés jusqu’ici. On parle de près d'une heure quinze de musique, presque sans interruption. Certains medleys durent plus de quinze minutes, avec des morceaux qui s’enchaînent sans pause. Cela demande une concentration et une endurance énormes, autant physiques que mentales.
Même si le style global reste cohérent - un son pop-rock teinté d’influences orchestrales - chaque morceau possède son univers propre. Les changements de ton, de rythme et d’émotion sont rapides, parfois abrupts. C’est exigeant, mais c’est aussi ce qui rend ce programme vivant.
La rigueur du travail collectif
Réunir trois fanfares pour un même projet, c’est une aventure humaine autant qu’artistique. Quand on rassemble autant de musiciens, il faut aller chercher un peu plus loin que d’habitude. L’émulation est là, la motivation aussi, mais cela demande une rigueur de travail particulière.
A moins d'un mois des concerts, les répétitions ne servent plus à apprendre les morceaux : elles servent à tester la continuité, la concentration, la cohésion d’ensemble. J’écoute chaque enregistrement de répétition, je note les points à corriger, et je compte ensuite sur le travail individuel de chacun pour affiner le reste.
C’est ce que j’aime dans ce type de projet : on s’approche d’une forme de discipline professionnelle, non pas dans la virtuosité, mais dans l’attitude. Dans la manière d’être présent, préparé, concentré.

Un regard théâtral sur le mythe
Ce concert ne sera pas uniquement musical. Deux comédiens de la Compagnie Sens de l’Humeur, Vincent Steiner et Olivia Lottin, seront également sur scène. Avec leur ton humoristique et décalé, ils nous guideront à travers les différentes périodes de James Bond et questionneront ce personnage au fil du temps.
Ce sera l’occasion de se demander : qu’est-ce que James Bond peut encore nous dire aujourd’hui ? C’est une figure masculine née dans les années 60, très virile, souvent macho et même misogyne, parfois complètement dépassée selon nos standards actuels. Alors pourquoi continue-t-il de nous fasciner ? Et comment peut-on le réinventer aujourd’hui ?
Ce regard un peu critique, un peu tendre aussi, apportera une dimension nouvelle au concert.
Les concerts à venir
Avec plus de cinquante musiciens, les chanteurs et chanteuses de la troupe Saintimania, et les comédiens de la Compagnie Sens de l’Humeur, ce spectacle est une aventure collective, un concert qui mêle énergie, émotion et plaisir - dans la pure tradition de James Bond.
Trois rendez-vous sont prévus :
Samedi 22 novembre à 20h — Espace Ta’tou, Cornaux
Vendredi 12 décembre à 20h — Salle de spectacles, La Chaux-du-Milieu
Dimanche 14 décembre à 17h — La Rebatte, Chézard-Saint-Martin
L’entrée est libre, avec une collecte et un bar sur place.

























